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Journée de la Création : Chemins d’eau

Rando de Meung sur Loire à Beaugency, organisée en partenariat entre la Pastorale du Tourisme et des Loisirs du Loiret et le groupe Chrétiens et Ecologie dans le Loiret. C’est sur le thème de l’eau que cette journée de la création du 9 octobre 2021 s’est déroulée, au bord de l’eau, «Rando » qui a rassemblé une vingtaine de participants.

Nous avons longé d’abord l’eau des « Mauves », réseau dense de petites rivières nées de nombreuses sources issues de la nappe de Beauce, que nous avons suivi jusqu’à la Loire et qui a animé autrefois les multiples moulins présents dans la ville de Meung. Nous avons perçu l’influence de l’eau sur cette ville, car ce thème est évoqué de nombreuses fois sur les murs de l’église collégiale: fresques de Saint Christophe qui a traversé la rivière avec le Christ sur les épaules, de Saint Liphard, moine du 5ème-6ème siècle, à qui l’on attribue l’initiative de la création des Mauves à partir d’un marais initial…, et aussi par ce tableau du 17ème siècle évoquant la scène de la Samaritaine, rencontrant le Christ auprès d’un puits où coule une eau vive, dans l’évangile de St Jean, que nous avons médité.

Henri Noël, qui travaille à l’Agence de l’eau Loire Bretagne, nous a présenté les enjeux de la directive
cadre européenne sur l’eau et sa déclinaison sur le bassin Loire Bretagne: objectif 61% des « masses d’eau » (cours d’eaux, plans d’eau, eaux côtières) en« bon état » à l’horizon 2027, alors même que nous ne sommes aujourd’hui, qu’à 25% …

Yves, écologue, nous présente l’écosystème des Mauves dont l’état est jugé moyen, du fait des pollutions diffuses, et néanmoins ce paysage étonnant fourmille encore de vie aquatique, plantes, oiseaux, poissons, insectes, écrevisses…

Ensuite, nous avons rejoint la Loire où se jettent les Mauves en un point unique, dont les eaux claires mettent longtemps à se mêler à celles plus troubles du fleuve. Nous longeons la « levée », vaste digue qui protège le Val et ses cultures. L’écologie du fleuve évolue rapidement aujourd’hui : la mondialisation a introduit de multiples espèces parfois envahissantes comme la Jussie des Marais (plante introduite par les jardineries depuis l’Argentine) ou les Corbicules (petits coquillages venus de mer de Chine avec les ballasts des bateaux de commerce), et puis il y a l’influence des pollutions, du dérèglement climatique (dont nous constatons l’effet dévastateur sur un bois de peupliers), l’effet bénéfique des lois sur la protection de la nature et des milieux aquatiques (mais qui, en protégeant le castor, favorisent un arbre américain, l’érable Negundo, boudé par le castor), les aménagements humains… autant d’influences contraires qui modifient le fleuve, mais celui-ci garde encore aujourd’hui son caractère sauvage.

Nous lisons des passages de Laudato Si, lettre du Pape François, qui parle de l’eau comme « droit humain primordial, fondamental et universel », car elle doit permettre la vie et la dignité de tous, y compris des plus pauvres. Faire de l’eau un bien marchand, sous le contrôle de grandes entreprises mondiales, va conduire notre siècle à des conflits dit le Pape (Laudato Si N°32). Ensuite, Philippe nous parle de ce synode régional de l’Eglise Protestante Unie de France à Rennes en 2019, qui a contribué à la réflexion théologique en cours de cette Eglise sur le respect de la terre. De ce synode est issue la très belle exposition « Bible et Ecologie » présentée du 9 octobre au 9 novembre 2021 dans l’abbatiale de Beaugency et que nous avons inaugurée ce jour lors de notre passage dans cette Eglise. (Cette exposition, qui a été présentée pendant un an au temple d’Orléans est visitable tous les jours à Beaugency).

En l’abbatiale de Beaugency, nous avons prié dans le chœur, où se trouve un baptistère ancien, dont l’eau a marqué l’entrée de nombreux croyants dans l’Eglise, avant de rejoindre la communauté des sœurs ursulines qui nous ont accueillis dans leur jardin, pour un temps de prière et de louange. Ce jardin a plusieurs puits, dont l’un fait entendre le murmure d’une eau vive, comme il est dit dans le texte de l’évangile de St Jean au chapitre 4 sur la Samaritaine que nous avons relu à cette occasion.

Yves Froissart

Ecologue

Chrétien et écologie Loiret

PdB ou Pascale de Barochez, déléguée à la Pastorale du Tourisme du diocèse d'Orléans.

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