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… détruire les décorations de Noël …

Restaurant Le Presbytère à Epargnes, près de Royan.

Voici un restaurant de qualité qui accueille aussi bien des convives individuels, que des groupes ; privatisé à l’occasion de mariages ou de cérémonies familiales ou associatives, il met ses talents au service de vos papilles (!) dans un esprit familial de gens passionnés. Situé en milieu rural, sa clientèle est à 99% locale, aux fourneaux, un meilleur ouvrier de France, dans la salle son épouse, tous deux comptabilisent 30 ans d’expérience sur la côte d’azur avant de rejoindre l’arrondissement de Royan : une adresse à ne pas manquer.Arrivés il y a 3 ans, très rapidement plébiscité par les habitants du secteur, la crise du COVID les a frappés de plein fouet.

« Le premier confinement fut violent. Du jour au lendemain, nous avons dû fermer, annuler les réservations, mettre le personnel au chômage technique. Nous nous sommes retrouvés avec des stocks importants de produits frais à liquider. Les charges continuaient à courir. Il a fallu renégocier les crédits, ne pas se verser de salaires durant plusieurs mois pour ne pas grever la trésorerie. L’aide de l’Etat nous a paru infime.Durant l’été, nous avons annulé 6 mariages et une grande fête de famille sur deux jours : pour une petite structure, c’est un manque à gagner immense. Malgré tout, de juin à aout, les habitués sont revenus, heureux. Certains plusieurs fois par mois ! avec une envie de vivre, de se réjouir, de convivialité, de rencontres…Mais nous avons perdu notre clientèle professionnelle, celle du déjeuner notamment. Une clientèle qui n’est jamais revenue.Le protocole sanitaire a été respecté scrupuleusement : masques, gel, distanciation…aucun cluster dans les restaurants n’a d’ailleurs été répertorié.Ce deuxième confinement fut un coup de tonnerre et de massue…et le 15 janvier comme date de réouverture est plus encore le coup de grâce. Nous nous sommes retrouvés à nouveau à détruire les stocks…mais aussi à payer les décorations de Noël qui ne serviront à rien. Un restaurant vide. Des cuisines vides. Un carnet de réservations vide.Ce n’est pas seulement le restaurant, c’est toutes les filières et partenaires qui sont touchées : maraichers, poissonniers, pêcheurs, ostréiculteurs, serveurs, saisonniers, hôteliers…Décembre, c’est le mois des repas de familles, d’associations, des entreprises, des réveillons….Nous avons l’impression d’avoir été spoliés ! Nous sommes révoltés. Les restaurateurs sont sacrifiés. Nous sommes dans l’incompréhension totale.Comment rouvrir ? Quand ? Avec Qui ? Le courage manque chez beaucoup. Un hôtelier qui doit verser 7000 euros de loyer mensuel ne peut plus vivre….Pour nous tous, on navigue entre désespoir et révolte… Nous, on espère rouvrir ; d’autres ne le pourront pas. Nous faisons confiance à notre clientèle pour sa solidarité et son soutien aux commerçants de proximité. Nous les attendons dès que nous aurons pu ouvrir à nouveau. Nous savons que nous pouvons compter sur eux. »

PdB ou Pascale de Barochez, déléguée à la Pastorale du Tourisme du diocèse d'Orléans.